La diffusion du rapport d’études 2026 a été un des événements importants de ces deux jours d’échanges en Corse. Les résultats de cinq enquêtes poussées sur des thématiques clés du logement social y sont présentés. Largement documentées et chiffrées, ces études permettent d’objectiver l’impact et les missions du logement social pour contribuer à favoriser son acceptabilité.
La journée de rencontre avec la Banque des Territoires, le 11 juin, a été l’occasion pour l’Association régionale de diffuser le rapport des études qu’elle a fait réaliser au cours de l’année écoulée avec le soutien financier de plusieurs partenaires (Action Logement, la Banque des Territoires, les métropoles Aix-Marseille-Provence et Toulon Provence Méditerranée, EDF et l’État). Les thématiques de ces différentes études avaient été présentées lors de la cérémonie des 50 ans de l’AR Hlm en juin 2025. Approfondis et menés à leur terme, les résultats de cinq d’entre elles sont détaillés dans ce rapport intitulé « Comprendre aujourd’hui pour construire demain ».
Objectiver l’image du logement social à travers des données chiffrées, c’est le but affiché par l’ouvrage, depuis l’établissement des besoins réels de construction jusqu’à la capacité de décarbonation du parc social. Désormais, avec ces données statistiques, le mouvement Hlm peut répondre plus efficacement aux idées reçues et battre en brèche l’image négative trop souvent véhiculée.
Besoins de logements, attentes des habitants
Quels sont les besoins réels en logements de la population ? On sait désormais combien d’agréments doivent être déposés chaque année par les bailleurs sociaux pour répondre à 4 scénarios précis, selon l’objectif qu’on choisit de s’assigner, selon qu’on veut loger les demandeurs qui ne sont pas encore dans le parc social, ou uniquement la demande urgente et immédiate, ou simplement répondre aux quotas de la loi SRU ou bien encore répondre à tous les demandeurs recensés à fin 2024. Ces données objectives permettent de fixer de façon réaliste des objectifs annuels à atteindre.
Quelles sont les attentes des habitants ? Comment répondre à ces attentes ? La deuxième enquête présentée permet de mieux cerner les évolutions sociétales autour des nouveaux usages dans le travail, dans les parcours familiaux, dans la qualité de vie et le confort d’été ou à travers la proportion grandissante de seniors dans la population. Les résultats de cette étude permettent désormais aux bailleurs sociaux d’orienter plus efficacement la teneur de leurs programmes résidentiels.
Création de richesse et obstacles à la construction
Quelle est la conséquence de la création de logements sociaux dans une commune, sur le plan économique ? Cette étude précise que près de la moitié des demandeurs de logements sociaux étaient salariés. Si ces salariés étaient logés dans le parc social de leur commune, ils feraient une économie substantielle sur le montant de leur loyer. Le niveau moyen du loyer dans le parc privé est près du double de celui d’un logement Hlm. Ce pouvoir d’achat supplémentaire dégagé en vivant dans le parc social serait réinvesti à plus de 80 % dans le tissu économique local et bénéficierait donc à la commune qui aurait favorisé la réalisation de logements Hlm. Ces sommes sont calculées par l’étude et se compte à millions d’euros dans les bassins économiques des métropoles de la région.
On sait qu’il y a de nombreux freins qui font obstacle à la construction de logements sociaux. Comment les identifier pour y remédier ? C’était l’objet de la 4e étude. Si les différents blocages à surmonter ne sont pas inconnus des bailleurs sociaux (manque de foncier, de moyens financiers, réglementation trop contraignante, volonté politique en berne…), les perceptions de chacun des acteurs, organismes Hlm, promoteurs privés ou élus, sur ce qui freine le plus est intéressante à noter.
Le défi environnemental
Enfin, comment réduire l’impact environnemental des logements Hlm ? Comment mener la décarbonation profonde du parc social ? Et cela aussi bien du point de vue environnemental que de celui de la quittance de loyer, pour arriver à maîtriser au mieux les charges financières qui pèsent sur les locataires. Au final, 74 % des émissions de CO2 du secteur Hlm sont le fait de l’utilisation du gaz fossile dans les installations de chauffage. Faire évoluer ces installations vers un fonctionnement plus vertueux sera l’immense défi du monde Hlm dans les années qui viennent. Les pistes réelles d’actions sont désormais posées.
Contact : Florent Léonardi / fléonardi@arhlmpacacorse.com